Société
Secteur des tomates
Contrat entre les agriculteurs et les industriels
• La production des tomates fraîches a été l’année dernière de l’ordre de 930.000 tonnes contre 930.500 tonnes en 2000.
• Les quantités des tomates fraîches transformées sont passées de 739.600 tonnes en  2000 à 735.000 l’année dernière.
 

Les producteurs de tomates sont de plus en plus confrontés à des problèmes d’écoulement de leur production en raison d’un manque de programmation: ils ne connaissent pas, d’une façon exacte et avant le début de la campagne, les besoins du marché intérieur et ne sont pas en mesure, par conséquent, de prendre les dispositions nécessaires à l’avance pour fournir les quantités demandées aux industriels en temps opportun.
Or, cette lacune peut être comblée, dans la mesure où un contrat peut être signé entre l’agriculteur et le transformateur qui comporte toutes les étapes à suivre par l’un et par l’autre.
L’Union tunisienne de l’agriculture et de la pêche (Utap) a organisé, récemment, une journée d’information pour expliquer la portée de ce contrat, qui constitue une convention entre le propriétaire de l’usine de transformation des produits alimentaires et, d’un autre côté, le producteur des tomates fraîches.
Chacune des deux parties doit respecter les engagements spécifiés et, notamment, ceux relatifs à la quantité, au prix, au mode  de paiement, au moyen de transport, aux normes de qualité et à la manière utilisée pour les comptabiliser.
Les deux parties se mettent d’accord pour pratiquer le prix unifié des tomates fraîches destinées à la transformation, convenu au début de la saison entre l’Union tunisienne de l’industrie, du commerce et de l’artisanat (Utica) et l’Utap, après approbation du ministre chargé du Commerce.

Contrôle de qualité des tomates

Le transformateur s’engage, selon le contrat, à payer le prix des quantités de tomates acceptées sur trois tranches, sachant que le paiement définitif est effectué le 31 mars de l’année suivant celle de la production.
Les tomates fraîches font l’objet d’un contrôle de qualité, de manière à préciser le prix fixé selon certains critères. Le contrôle se fait dans les usines équipées d’une station agréée par la commission nationale concernée. Lors de la vente, un reçu comportant le poids, le niveau de qualité et le prix est fourni au producteur.
Comme l’a souligné à cette occasion M. Mabrouk Bahri, président de l’Utap, ce contrat a pu être élaboré après plusieurs réunions entre les parties concernées. Le but étant de raffermir les liens entre l’agriculteur et le transformateur, pour que le système de production du concentré de tomate fonctionne parfaitement, tout en évitant à la fois les pertes de tomates et le manque d’approvisionnement de la chaîne de transformation.
Ces contrats, utilisés dans plusieurs pays développés et grands producteurs de tomates, vont consacrer davantage la transparence dans les transactions entre les deux parties. Dans un premier temps, des incitations seront fournies pour amener les producteurs et les transformateurs à recourir à ce contrat. Des campagnes d’informations seront d’ailleurs organisées dans les régions pour faire connaître ce contrat et son utilité.
Rappelons que le secteur des tomates de saison destinées à la transfor
mation occupe une bonne place au double niveau social et économique, dans la mesure où il fournit une source de revenus pour 10.000 agriculteurs, dont la majorité sont des petits producteurs. En outre, le secteur emploie des travailleurs permanents et saisonniers dans 32 unités industrielles et à travers différentes prestations.
Par ailleurs, les superficies consacrées aux tomates de saison sont passées de 21.700 ha en 2000 à 19.200 ha l’année dernière. On prévoit 16.800 ha pour l’année en cours. Quant aux superficies utilisant le système du goutte-à-goutte, elles sont passées de 13.600 ha en  2000 à 17.767 ha l’année dernière. Les différentes mesures prises ainsi que les efforts déployés par toutes les structures professionnelles et les producteurs ont donné leur fruit, puisqu’on a réussi à maintenir presque le même niveau de la production malgré la diminution des superficies.

Système goutte-à-goutte utilisé

En effet, la production a été l’année dernière de l’ordre de 930.000 tonnes, contre 930.500 tonnes en  2000. Il est vrai que  la production en 2004 n’a été que de 900.000 tonnes. Mais, d’une façon générale, la productivité à l’hectare est passée, elle, de 43,1 tonnes en  2000 à 48,4 tonnes l’année dernière.
S’agissant de la transformation, les quantités de tomates fraîches traitées sont passées de 739.600 tonnes en 2000 à 735.000 l’année dernière. Ce qui est moins que la production de l’année précédente, où l’on a enregistré 743.250 tonnes. De ce fait, la production du concentré de tomates au cours de l’année dernière a été de 124.500 tonnes, au lieu de 127.450 tonnes en  2000.
À noter que les besoins intérieurs en concentré de tomate sont estimés à 85.000 tonnes par an. L’excédent de la production, à la fin de l’année écoulée, a été estimé à 99.000 tonnes. D’où l’importance des exportations de ce produit, qui sont passées de 25.525 tonnes en  2000 à 18.319 tonnes en 2005. Il a été possible d’exploiter les opportunités d’écoulement vers la Libye grâce aux appuis de l’Etat et à la participation des agriculteurs et des producteurs. Mais la diminution des quantités exportées constatée s’explique par la concurrence extérieure rude et les lacunes caractérisant le système de production en Tunisie appelé à relever les défis par la qualité et les prix. Et les contrats constituent justement un maillon qui était manquant au système.

Chokri GHARBI