Société
Projet d’un forum arabe de l’enfance et de la jeunesse
Vers une structure permanente pour s’initier aux règles démocratiques
• Les participants à la réunion de Tunis apprécient l’expérience tunisienne concernant le Parlement et les conseils municipaux pour enfants.
 

Depuis 2004, un projet de forum arabe de l’enfance et de la jeunesse est à l’ordre du jour. Il entre dans le cadre de la convention relative aux droits de l’enfant. Son objectif est de consolider les réseaux et les associations opérant dans le domaine des droits de l’enfant, en vue de sensibiliser les enfants et les jeunes aux principes de la pratique démocratique.
C’est ce que rappelle M. Jameleddine Khemakhem, membre de la Chambre des Conseillers et secrétaire général de l’Association tunisienne des droits de l’enfant, qui est l’une des structures coordinatrices dans ce projet : «Il s’agit, dit-il, d’habituer l’enfant à la pratique démocratique dans le cadre, par exemple, d’un Parlement pour enfants, ou des conseils municipaux pour enfants.»  Le projet vise à créer une structure qui se réunirait régulièrement au profit des enfants et des jeunes, afin qu’ils puissent discuter de leurs préoccupations de façon démocratique. Sont concernées les tranches d’âge de 15 à 18 ans et de 19 à 24 ans des deux sexes, dans les différentes catégories sociales et économiques et les niveaux d’instruction.
Outre la Tunisie, les partenaires du projet sont la Suède (Unga Ornar), l’Egypte, à travers un groupe d’associations, le Liban, représenté par le Centre national de mise à niveau et de développement, la Jordanie, la Palestine et le Maroc. La durée du projet s’étale de 2004 à 2006 et se base sur une idée selon laquelle les enfants et les jeunes développent leur aptitude participative à la faveur d’une opération de long terme grâce à un mécanisme approprié à la discussion d’une façon régulière.

Visite d’étude
en Suède

La préparation du projet prévoit que des jeunes, dans une limite de 25, soient formés, à chacune des deux sessions prévues, sur une période de cinq jours. La participation comprend trois jeunes de chaque pays et dix du pays d’accueil. Rappelons que, récemment, une réunion a eu lieu à Tunis. Au programme également, l’organisation d’un atelier éducatif d’une durée de dix jours pour près de 70 participants, à des périodes précises de l’année. Cet atelier verra, lui, la participation de six jeunes et d’un accompagnateur pour chaque pays, ainsi que de trente jeunes pour le pays d’accueil.
Cette phase préparatoire sera couronnée d’une visite d’étude en Suède, afin de permettre aux jeunes de se faire une idée de l’expérience suédoise en matière d’action participative des enfants et des jeunes et de leur gestion démocratique de leurs activités.
En tout, la préparation du projet comprend l’organisation de deux sessions d’apprentissage et de trois ateliers éducatifs. Les activités sont organisées,  chaque fois, dans un des pays arabes, mais les enfants et les jeunes participants doivent exécuter certaines d’entre elles dans leur propre pays d’une façon régulière, avec l’appui des associations coordinatrices.
Les sujets proposés pour l’apprentissage sont les droits de l’enfant et la situation de l’enfance des pays participants, les compétences en matière d’organisation et de gestion des activités enfantines, la participation et la démocratie. Ces activités déboucheront sur la création d’un mécanisme de dialogue pour permettre aux enfants de discuter en toute liberté, d’une façon régulière. Le contenu de l’apprentissage, ainsi que les expériences acquises, seront regroupés dans un guide qui sera élaboré à la fin du projet. Il sera mis ainsi à la disposition de toute association voulant s’inspirer de cette méthode de travail.
M. Khemakhem se félicite de la participation de la Suède, «qui assure le financement du programme». Et de rappeler que le projet a commencé en 2004 avec l’organisation d’ateliers de travail en Jordanie, puis en Egypte, suivis d’une réunion au Liban et, récemment, en Tunisie. En Suède, une évaluation des activités sera effectuée. «L’Association tunisienne des droits de l’enfant a mis en exergue les acquis réalisés au profit de l’enfant, souligne son secrétaire général. Nous avons présenté aussi l’expérience tunisienne traduite notamment au niveau du Parlement pour enfants  et des conseils municipaux pour enfants. Celle-ci a été appréciée par les participants  qui ont visité des structures pour les enfants, ainsi que des sites écologiques ».
Chokri GHARBI