La
saison actuelle des céréales connaît des conditions
favorables, selon les spécialistes, vu les précipitations
qu’ont connues de nombreuses régions productrices. Les
agriculteurs ont répondu favorablement à l’appel, émis en
particulier par leur organisation, les invitant à utiliser en
temps opportun les engrais azotés (ammonitre), à côté du
traitement herbicide.
Le
suivi des cultures, par ailleurs, est régulier afin d’informer
les services compétents en cas d’apparition de certaines
maladies. Les services spécialisés dans les grandes cultures
ont effectué récemment des visites sur le terrain à toutes les
zones productrices de céréales pour constater de visu l’état
des cultures et connaître les préoccupations des
agriculteurs.
Souci
d’améliorer le rendement à l’hectare
Pour
ce qui est du secteur des tomates saisonnières, et selon les
données de la direction générale de la production végétale
relevant du ministère de l’Agriculture et des Ressources
hydrauliques, les superficies programmées pour la campagne
2006 s’élèvent à 16.800 ha. Soit une diminution
de l’ordre de 11%. Au cas où la productivité à l’hectare
serait entre 44 et 47 tonnes, la production des tomates
fraîches se situerait entre 740 et 790.000 tonnes, soit
l’équivalent de 130 ou 140.000 tonnes de concentré de
tomate.
La
production des pommes de terre a connu également une période
favorable puisque, au cours de la campagne 2005, les
agriculteurs ont consacré 11.140
ha à cette culture de fin de saison,
dont la production est destinée à la consommation
intérieure.
La
récolte a commencé depuis le mois de novembre. D’après la
direction précitée, la récolte a touché au 8 mars 2006 près de
10.220
ha, soit 92% des superficies totales et
la production a atteint jusqu’alors 132.900
tonnes.
Compte
tenu de ces données, on constate que la moyenne de rendement
est de 13 tonnes à l’hectare. Les quantités restant à récolter
sont donc de près de 1.200 tonnes.
Quant
aux pommes de terre d’arrière-saison destinées à
l’exportation, leurs superficies sont de 658,5 ha.
1.681 tonnes de semences – en
majorité de la variété Nicolas – y
ont été consacrées. La récolte a commencé au début de la
deuxième semaine du mois de février. Les quantités exportées
essentiellement vers l’Allemagne ont été, au 3 mars 2006, de
1.624 tonnes contre 1.992 tonnes à la même période de l’année
dernière. On prévoit, pour cette saison, des exportations de
4.500 à 5.000 tonnes de Nicolas et de 2.000 tonnes de
Spunta.
Pour
ce qui est de la prochaine saison, 410 tonnes de semences de
type Nicolas (classe E) sont disponibles et sont distribuées
par diverses structures.
Pour
renforcer l’exportation des pommes de terre, l’Union
tunisienne de l’agriculture et de pêche (Utap) compte
organiser des conférences régionales afin de présenter les
résultats de cette saison et d’étudier les perspectives du
secteur. Pour les pommes de terre de saison,
11.000
ha ont été programmés et 25.000 tonnes
de semences, en majorité importées, y sont consacrées. On
constate une diversité au niveau des
variétés.
Des
maltaises pour le marché français
Quant
à l’huile d’olive, les estimations préliminaires indiquent que
la production pour la saison 2005/2006 serait de 200.000
tonnes. La cueillette a commencé au cours du mois de novembre
avec un taux d’avancement de plus de 90%. Le gouvernorat de
Sfax a accusé, cependant, un retard dans la cueillette. En
outre, les prix ont enregistré cette saison une augmentation
importante par rapport aux saisons écoulées, dans la mesure où
le prix moyen du kilogramme des olives a varié entre 1.100 et
1.450 millimes. Pour ce qui est des exportations, les
opérations ont commencé au début du mois de novembre. Les
quantités exportées ont atteint 40.000 tonnes au 27 février
2006.
S’agissant
du secteur des agrumes, les estimations préliminaires
relatives à la production pour la campagne 2005/2006 montrent
une augmentation des quantités de l’ordre de 7%. En effet, la
production est estimée à 263.000 tonnes, contre 243.000 tonnes
pour la campagne précédente.
Les
quantités concernant les oranges maltaises ont enregistré une
augmentation de 25% par rapport à la campagne précédente
(127.000 tonnes).
Les
exportations ont commencé le 16 janvier 2006 sur la base de
quatre voyages par semaine programmés. Il est prévu d’exporter
entre 20.000 et 22.000 tonnes, contre 19.085 tonnes au cours
de la campagne précédente. Et cela essentiellement vers le
marché français.
Au
1er mars 2006, les quantités exportées ont été de l’ordre de
11.791 tonnes, soit une augmentation de 19 % par rapport à la
campagne précédente. Les quantités écoulées sur le marché
extérieur sont à 99,29% des maltaises. Ce qui représente des
quantités estimées à 11.708 tonnes.
Dans
le secteur des fruits aussi, les dattes tunisiennes sont très
appréciées par les consommateurs étrangers. La production de
cette campagne a atteint les 100.000 tonnes, accusant une
diminution de 8,14%. À elle seule, la variété «Deglet Nour»
représente 60.000 tonnes. Cette campagne a été cependant
touchée par les pluies automnales qui se sont abattues sur le
sud du pays. On a enregistré aussi une diminution de 23,11%
des quantités exportées en comparaison avec la campagne
précédente. En effet, au 3 mars 2006, la production n’a été
que de 20.507 tonnes, contre 26.673 tonnes précédemment.
Dans
le secteur du lait, en revanche, les résultats sont
encourageants, puisqu’en 2005 ce secteur a retrouvé son
équilibre à la faveur des conditions climatiques favorables,
de l’amélioration de la productivité des vaches et de
l’activité dynamique des centrales laitières. De janvier à
décembre 2005, la production a été de 920 millions de litres,
alors que la collecte s’est élevée à 512 millions de litres et
la transformation de 580 millions de litres, contre 549
millions de litres à la même période de 2004. Pour l’année en
cours, les entreprises de fabrication sont en mesure
d’accepter 2 millions de litres au moment de la production de
pointe.
À
la fin du mois de décembre, il a été possible d’exporter près
de 2 millions de litres de lait et 3 mille tonnes de dérivés.
D’une
façon générale, les activités agricoles connaissent une
embellie, car les agriculteurs, soutenus par les pouvoirs
publics et les structures professionnelles, ont pu adapter
leurs cultures aux conditions climatiques parfois
défavorables. Mais un effort reste encore à fournir en réglant
en particulier les problèmes financiers de certains
producteurs.
Chokri
GHARBI