Chokri GHARBI, site web
La liste des entreprises à privatiser en 2010, compte, selon les informations disponibles 10 entreprises. La privatisation de ces entreprises sera effectuée de différentes formes. Selon la haute commission de la privatisation, relevant du Premier ministère, l’Etat Tunisien devrait céder sa part dans 10 entreprises nationales. Il s’agit de la « Société Tunisienne de Sidérurgie, El Fouledh » qui fait partie de la liste, et qui s’attend à une augmentation de son capital au profit d’un investisseur stratégique. De même pour la Société Nationale de Distribution de Pétrole (SNDP), sera sujette d’une cession des participations publiques de 51,59% de son capital. La CTN sera elle aussi l’objet d’une privatisation mais seulement par l’ouverture de son capital à hauteur de 25% dans le cadre d’une augmentation de capital par offre publique de vente. La liste comprend aussi la Société Tunisienne de Sucre (STS), dont la cession des participations publiques touchera 68% de son capital. Dans le secteur des services, la Société Tunisienne de Réassurance (Tunis Ré) est en pôle position. Elle connaitra l’ouverture de son capital dans le cadre d'une augmentation de capital par Offre Publique de Souscription (OPS). De même pour les Assurances Salim (filiale de la Banque de l’Habitat). Sa privatisation se fera de la même façon que Tunis Ré, à savoir par ouverture de capital dans le cadre d'une augmentation de capital par Offre Publique de Souscription (OPS), comme ce sera exactement le cas de la société Modern Leasing (aussi filiale de la BH). L’Immobilière de l’Avenue fera quant à elle son introduction dans le marché alternatif de la Bourse de Tunis. Dans le secteur touristique, la commission a annoncé la vente de la Société Hôtelière de Sousse (SHAS), qui gère l’hôtel Sousse Palace. Dans le domaine agricole, une offre publique de vente concernera 19,84% du capital de la Société Tunisienne d’Aviculture (Sotavi), outre la cession des actifs et la location des terres domaniales de la Société de Développement Agricole Lakhmés (Sodal) dans le Gouvernorat de Siliana. Dans le cadre des projets, soit dans le cadre de concessions, la commission a annoncé la réalisation, le financement et l’exploitation d'une station de dessalement des eaux de mer à Djerba, la réalisation, le financement et l’exploitation de deux stations d'épuration (à Tunis Ouest "El Attar II" et à Tunis-Sud "El Allef ") outre l’exploitation de trois stations en cours de réalisation. Tous ces projets seront D’autres parts, la Banque « HSBC » a été sélectionnée par le gouvernement tunisien pour conseils dans la construction de la « Cimenterie de Carthage » qui sera bâti dans la région de « Jbal Ersass ». Deux sociétés construiront la cimenterie, à savoir la danoise FL Smidth et la Turque « Eken Proken ». Selon Lazhar Sta, Directeur exécutif du projet, la Cimenterie produira 5800 tonnes de ciments par jour, ce qui fera d’elle l’une plus importantes de la région Afrique du Nord. ;)

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Editorial
Du changement de vocation des entreprises
Depuis leur lancement, les entreprises passent par des périodes fastes et d'autres considérées comme défavorables. Certaines entreprises vont jusqu'à mettre la clé sous le paillasson vu la complexité des problèmes auxquels elle fait face et qu'elle ne peut résoudre malgré toutes les solutions proposées. Évidemment, ces entreprises en difficultés ne concernent pas uniquement les pays émergents, dans la mesure où, on a constaté, depuis le déclenchement de la crise financière et économique, que de grandes entreprises et groupes situés dans les pays développés ont déposé leur bilan. D’autres, plus chanceuses, ont tout simplement mis en place un plan social en vue d’alléger les charges en procédant aux licenciements d’un nombre de travailleurs. L’endettement à outrance est l’une des causes des problèmes financiers de l’entreprise, qui est toujours appelée à innover en vue de proposer des produits et des services qui intéressent toujours les consommateurs. Il est vrai que certains secteurs sont plus touchés que d’autres par la récession. L’industrie automobile, à titre d’exemple, a été touchée de plein fouet par la crise, ce qui a eu pour conséquence une diminution de la demande des pièces de rechange. La situation peut certes se rétablir pour voir les affaires refleurir de nouveau, mais en attendant, il faut payer les pots cassés. Les grands groupes ne sont pas souvent en mesure de changer de vocation mais d’orienter la production vers certains segments et d’abandonner une production massive dans une seule branche et cela permet de limiter les dépenses inutiles. Les primes à la casse dans le secteur de l’automobile ont permis de sauver des entreprises, mais cela ne constitue qu’une action provisoire décidée par certains Etats de l’Hexagone. Par contre, pour les petites et moyennes entreprises, il est toujours possible de changer de vocation de l’entreprise et pouvoir ainsi sauver des postes d’emploi tout en permettant la création de nouvelles richesses. Le changement de vocation est une opération lourde qui doit impliquer tout l’effectif de la société. En plus des procédures administratives à prévoir, le chef d’entreprise est appelé de revoir de fond en comble les équipements ainsi que les compétences de ses employés. C’est qu’au fil du temps, certaines activités économiques deviennent saturées vu un manque au niveau de la demande — changement de mode de vie oblige — ou une présence suffisante de l’offre. Pour pouvoir assurer la pérennité de l’entreprise en tant qu’entité, le chef d’entreprise est alors obligé en accord avec ses actionnaires et l’effectif employé d’opter pour un nouveau créneau en changeant la vocation de son entreprise qui peut passer d’un secteur industriel à un secteur de services qui présente plus d’opportunités de travail et de commercialisation. Dans un même secteur, il est possible également de choisir d’autres segments non encore exploités à fond. L’essentiel est d’éviter une fermeture pure et simple de l’entreprise sous prétexte que la rentabilité est nulle. Un chef d’entreprise qui change de vocation n’est certainement pas comparable à un nouveau promoteur qui part de zéro. Le premier a cumulé l’expérience sur le terrain, sait négocier avec ses partenaires et dispose d’un portefeuille de contacts dans l’administration et les milieux des affaires. Il va édifier sa nouvelle entreprise — dont le siège et le nom peuvent rester inchangés — sur la base de cette riche expérience, même si ses anciens clients ne sont plus intéressés par le nouveau produit. Tout l’enjeu se situe au niveau du choix du secteur ou du segment à prendre en charge. Ce choix doit se faire après une étude poussée effectuée par un bureau d’études pour identifier les besoins des clients potentiels. Une fois le choix décidé, «la nouvelle» entreprise peut être constituée en achetant les équipements et le matériel nécessaire et en formant l’effectif au nouveau métier pour en tirer le meilleur profit. Ce processus de changement de vocation peut prendre quelques jours avant l’entrée effective de l’entreprise en production. Le chef d’entreprise doit savoir anticiper et ne pas penser au changement de vocation à la dernière minute quand les affaires entrent dans une zone de turbulences. Il est nécessaire d’agir avec assez de recul en observant la situation du marché et en tenant compte de la capacité de l’entreprise de faire face à une concurrence qui devient de plus en plus rude. Parfois une grande entreprise souhaite éliminer une autre de petite taille et n’hésite pas à utiliser tous les moyens en sa possession — quitte à brader les prix pour une même qualité de produit — pour rester seule dans une région. Dans les milieux des affaires, tout est permis à condition de respecter la réglementation en vigueur. Autant choisir un secteur où l’entreprise menacée d’extinction peut exceller et s’imposer sur le marché plutôt que de persister à opérer dans un secteur dont les perspectives ne sont pas très claires. C’est une culture qui doit prévaloir avant même le lancement du projet initial pour que le promoteur soit au courant du fait que l’entreprise qui gagne n’est pas statique mais souple et capable de changer quand les conditions et la conjoncture lui imposent un nouveau départ. Chokri GHARBI (La Presse du 28 décembre 2008)

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