Femmes

Agir

Maintenant

8 mars 2008

Création du mouvement Femmes Agir Maintenant

Accueil
Vos courriers
Contact

Parce que le silence est le pire châtiment infligé aux femmes victimes de violences, et aux femmes en général, cette page est réservée à vos témoignages et commentaires qui seront publiés anonymement. 

Vos courriers, vos réactions, vos commentaires

. Harcèlement moral. Joute

Rien n'est gagné au niveau du délit de harcèlement moral, mais ce sont des petits pas qui feront reculer les violences faites aux femmes, non ? 

. Grossesse. Dumont

J'ai appris qu'une femme avait fait mieux que la ministre de référence, en reprenant son travail aussitôt après avoir accouché. Les femmes qui prennent des congés sont vraiment des feignasses. D'ailleurs, pourquoi n'autorise t-on pas les femmes à accoucher directement sur leur lieu de travail, pendant qu'elles travaillent à la chaîne tiens, pour qu'elles ne perdent pas une minute de leur présence dans l'entreprise ? 

. A propos d'insultes. Bernard

Je ne vois pas en quoi l'image de la France est entachée par les déclarations de Marie N'Diayé, qui seraient insultantes. Je m'interroge plutôt sur ce que pensent les étrangers d'une France où le président ose dire "casse-toi pauv'con", d'une France où un ministre fait un doigt d'honneur aux caméras, d'une France ridiculisée dans le monde juqu'en Chine. Il y a belle lurette que l'image de notre pays est ternie.Quand Bush était au pouvoir aux USA, certains américains se sont excusés au yeux du monde du président et de l'administration qu'ils avaient, et qui faisait honte à leur pays. Heureusement qu'il existe quelques intellectuels pour redorer le blason d'une nation. 

. Les Talibans de France. Catzar

Je suis sidérée par ce qu'a pu écrire David Douillet. Ce champion de judo me paraissait pourtant sympathique mais ce qu'il a écrit me fait penser aux Talibans. La femme à la maison à s'occuper de se mioches et pas de vie extérieure. On est donc tombé si bas en France, un siècle de retour en arrière au moins. Si la femme est l'avenir de l'homme, l'avenir de l'homme est mal barré.

. Mâles baisés. Alfi

C'est dommage que notre société actuelle pousse de plus en plus à opposer les hommes aux femmes. Tous les hommes ne sont pas des machistes heureusement, contrairement à ce que dit David Douillet. Pour ma part je trouve que les hommes ont beaucoup de qualités et j'admire surtout leur sérénité face aux situations difficiles, qui peut passer pour de l'insouciance à nos yeux de femmes, mais qui est ellement rassurante. Par contre, je remarque, comme beaucoup, qu'on cherche à monter les hommes contre les femmes, par des discours d'un autre siècle. Vouloir éloigner les femmes du monde du travail ou même de la société, c'est le discours véhiculé par des malades, des frustrés, des nostalgiques de l'autorité paternelle, la plupart du temps des "mâles baisés". C'est dommage que c'est cette petite minorité qui a la parole dans les médias, dans la presse et qui donnent ce sentiment. Personnellement, j'ai la chance de connaître des hommes qui suscitent plus l'admiration que le dégoût.

. Gnons quotidiens ou misère. Puiprofon

J'ai vu des commentaires affligeants dans des forums, suite à la parution des chiffres sur la pauvreté qui touche essentiellement les femmes seules. A croire que tous les hommes qui tabassent leur ex se sont donné rendez-vous pour convaincre les femmes que si elles n'acceptent pas leurs gnons quotidiens, c'est la misère qui les attend. Quel beau choix en perspective! Ces femmes qui fuient leur bourreau savent qu'elles perdent tout et c'est d'autant plus courageux de leur part. C'est vrai que dans les générations qui ont précédé, les femmes se posaient moins de questions et raisonnaient autrement : "j'attends impatiemment qu'il crève mais je reste avec lui pour pas perdre la pension de réversion". 

. Pauvreté au féminin. Petichat

Tous les ans on nous ressort les mêmes chiffres de la pauvreté des femmes qui augmente et c'est tout. Il fallait deviner qu'en supprimant le ministrère des droits des femmes, le sort des femme n'allait pas s'arranger, mais empirer. Tant qu'on s'intéresait aux droits des femmes le but était d'améliorer leur sort. Maintenant il faut reprendre des quelques miettes qu'elles ont obtenu par leur combat. Si les 2 années de retraite par enfant accordée aux femmes à titre de compensation pour leur faible taux de retraite, n'ont pas été supprimées, c'est surtout parce que la parité posait des problèmes dans l'autre sens et le lobby machiste a eu peur de perdre au change finalement.

. Du cynisme contre le machisme. Zoé

Quand les femmes restent à la maison pour s'occuper de leurs enfants on les traite de feignasses. Quand elles travaillent au dehors, on n'en veut pas parce qu'elle prennent le travail des hommes. Vivre en société c'est fait pour les hommes et être enfermée c'est fait pour les femmes. Mais dans tous les cas on enveloppe ça dans de la culpabilisation et les femmes s'écrasent, coupables d'être le fardeau qu'on veut qu'elles soient. Quand j'ai compris tout ça, j'ai arrêté mon boulot où je devais me lever à 5 h du matin pour un smic partiel qui partait dans les frais de trajet, la nounou et une vie de dingue, et j'ai choisi de m'occuper de mes enfants point final. A ceux qui me disent que je vis des allocs et de l'assistanat je réponds "ben oui, j'ai pas le choix... en attendant qu'on prenne une taxe sur le salaire des hommes qui ne veulent pas partager le monde du travail, pour verser un salaire aux femmes qui leur évitent de courir dans tous les sens en s'occupant des enfants chez elles". Après tout, qui va payer la confortable retraite des hommes qui auront consacré leur vie à leur carrière, sinon les enfants des femmes qui sont mal payées toute leur vie parce qu'elles se consacrent aux enfants. On vit dans un monde décomplexé où le modèle c'est d'être cynique et de mauvaise foi. Quand les femmes seront décomplexées, c'est-à-dire aussi cyniques que certains machistes, peut être n'oseront-ils plus les persécuter en les culpabilisant sans arrêt. N'oublions pas qu'il n'y a rien de plus lâche qu'un machiste.

. Plus de femmes à la télé. Valérie

On ne voit plus de femmes sur les plateaux à la télé, excepté dans les émissions présentées par des cruches et tournant autour de la beauté, du bien-être, de la maternité. Même dans les émissions de cuisine il est étonnant de voir des "grands cuisiniers" mais jamais de "grandes cuisinières", ce qui est paradoxal quand on sait que ce sont en majorité les femmes qui sont au fourneau chez elle. Veut-on donner une image rabaissée de la femme ? Cela fait-il partie de la stratégie de "reformatage des cerveaux" ? 

. Juste retour des choses. Del

Quand je me suis séparée avec mon mari il y a quelques années, j'ai eu des problèmes avec la banque où nous étions tous les deux. Le responsable de l'agence le favorisait et j'ai senti comme un grand machisme chez lui. J'ai quitté cette banque car je n'avais plus aucune confiance en elle. Ma fille, dont j'ai la garde, vient d'avoir 18 ans et je lui ai conseillé d'ouvrir un compte dans une autre banque. Je ferai la même chose quand mon fils sera majeur. Ainsi la banque aura perdu 3 clients.

. Privilège. Voile.

Si j'ai bien compris, on peut déclencher une alerte enlèvement chaque fois qu'un type enlève l'enfant confié à la garde de sa mère (puisqu'on le fait pour ce père)? Alors, on aura des alerte enlèvement tous les jours ??? Ah non, c'était juste pour ce monsieur ? Un privilégié ? Il a une carte au parti ???

. Mensonge médiatique. Laurence

Je suis écoeurée par ce que disent les médias sur ce père "roué de coups", dont l'enfant aurait été enlevé par son ex-femme, ce qui a déclenché une "alerte enlèvement". On oublie que cet homme a lui-même enlevé l'enfant à sa mère qui en avait la garde dans son pays.... et qu'elle n'avait malheureusement pas d'autre moyen pour le récupérer que d'utiliser la force. Tous ces mensonges médiatiques n'ont qu'un seul but : avant il y avait les "femmes battues", maintenant il y a les "hommes battus". Heureusement qu'ils sont là pour nous aider à oublier les femmes battues.

. Violences morales. Axelle

Je retrouve mon mari sous les traits de « l’homme qui s’adonne aux violences morales ». C’est exactement cela : une volonté de paraître parfait à l’extérieur et une violence psychologique qu’il me fait subir à l’intérieur… d’autant plus sournoise qu’elle ne s’exprime que par intermittence (le reste du temps, c’est un mari « parfait ») et d’autant plus perverse qu’elle m’a conduite – après avoir épuisé tous les mots pour me défendre (je suis tout de même avocate) à me réduire à l’état de bête : mon mari n’a donc pas hésité à me faire culpabiliser pendant des années, sur le thème « je suis un mari battu », aucune violence psychologique ne pouvant selon lui justifier que je me mette dans des états pareils. Ces quelques mots sont très loin de résumer une situation extrêmement complexe.Mais l’état lamentable dans lequel il m’a encore mise hier soir m’a juste donnée l’envie d’écrire.

. Etudes Lydia

Depuis des années je me bats pour que mes enfants puissent s'en sortir au niveau des études et je m'aperçois aujourd'hiui que c'est pour rien. Je ne sais même pas si mon premier fils pourra suivre des études et le second je n'en parle mêmepas. En fait, il vaut mieux être un parent qui s'en fout qu'un parent qui s'implique. Laissons nos enfants trainer dans la rue.....

. Bourses - Sylvia

Madame Pécresse je comprends que vous ayez voulu favoriser vos enfants ou les enfants de vos amis mais pourquoi faites-vous payer aux femmes seules les avantages que vous donnez aux gens de votre milieu ? 

. Rentrée scolaire - Maelle

Je suis très ennnuyée car mon fils est en classe S et j'ai appris que les bourses seraient diminuées. Je ne sais pas où il ira. C'est un bon élève mais il ne pourra pas poursuivre des études.

. Massacre des femmes - Annick

Dans ma profession d'AS, je côtoie quotidiennement des situations dramatiques qui touchent les femmes seules. Comment peut-on demander à une femme qui a des ressources dérisoires et dont la principale et unique préoccupation est de s'interroger sur sur ce qu'elle pourra mettre à manger dans l'assiette de ses enfants une fois ses charges déduites, d'avoir une quelconque "fibre éducative", d'être présente pour leur scolarité, leur épanouissement, leurs loisirs? On assiste actuellement à un véritable "massacre des femmes", massacre psychologique par un affaiblissement matériel qui ne cesse de croître. 

. Je veux mourir à 60 ans - Dolorès

J'ai vécu en concubinage pendant 30 ans. J'ai été considérée par la Caf comme une femme mariée. Ceci m'a privée de tous mes droits au travail puisque je n'étais pas "prioritaire". Nous nous sommes séparés et je n'ai droit à rien. J'ai beaucoup réfléchi au statut des femmes.Aujourd'hui je suis en paix. Je veux mourir à 60 ans car je n'ai pas envie de m'interroger sur les soins auxquels je n'aurai pas droit ni sur une retraite qui sera minable. Je préfère disparaître.

. Régression - I.D.

L'affaire de l'annulation de mariage pour cause de non-virginité n'est qu'une étape nouvelle dans la régression du sort des femmes dans notre pays. A force de dégrader professionnellement et affaiblir économiquement les femmes dans le quotidien des lois, comment s'étonner que l'on revienne aux temps anciens où le rôle de la femme était réduit à servir l'homme et enfanter. 

. Pension alimentaire - Anabelle

Je suis d'accord avec LN, pourquoi devrions-nous déclarer une "pension alimentaire reçue" dans nos impôts si la demi-part "parent isolé" est supprimée.  Cette pension alimentaire est normalement versée "pour les enfants", c'est-à-dire leur habillement, leurs frais de scolarité, leurs loisirs. Or les trois quart du temps, elle sert à payer les loyers et les factures, surtout pour les femmes qui n'ont aucun autre revenu. On ne comprend pas bien pourquoi cette pension alimentaire versée "pour les enfants" doit s'ajouter aux revenus de leur mère et se confondre ainsi avec une pension alimentaire versée "pour la femme". 

. Réduction des bourses - Corinne

Femme seule élevant deux enfants, comme beaucoup de femmes je serai victime des nouvelles mesures de réduction des bourses pour les familles pauvres, ou plutôt mon fils aîné en sera privé et il se demande s'il pourra continuer ses études. Et c'est dommage car il a un très bon niveau scolaire. Avec la suppression du critère "parent isolé" dans le calcul des bourses, ce sont de très nombreux enfants de femmes seules qui sont pénalisés. Pour ma part, avec un faible salaire, je n'ai absolument pas les moyens de financer de coût élevé des études de mon enfant quand je vois sur les dépliants qu'il faut en moyenne 500 euros par mois pour ses études. On en est revenu à une époque où les enfants de pauvres faisaient un travail de pauvre et les études étaient réservés aux enfants de riches.  

. Pourquoi travailler - LN

Après des années de violences, je me suis séparée de l'homme avec qui je vivais. Ce moment a été très difficile et j'ai mis plusieurs mois à remonter la pente, en partant du RMI, ce qui n'est pas flatteur quand on a vécu dans un milieu confortable. J'ai pu avoir enfin une activité et cela m'a fait du bien de sortir de l'enfermement. Mais aujourd'hui, je m'interroge. Plus je travaille, plus mes ressources baissent. Et là, j'apprends que la demi-part "femme seule" va être supprimée au niveau des impôts, ce qui fait que je vais "m'enrichir" encore sur mes revenus (je me suis déjà enrichie sans rien toucher avec la suppression de la réduction des 20 %). Ayant des enfants à charge et un bas salaire, j'ai de plus en plus de mal à boucler les fins de mois. Tout a augmenté sauf le salaire.  En plus de mon travail, il y a le second poste qui lui n'est pas rémunéré, c'est-à-dire tout ce qu'il faut assumer au niveau des enfants et des tâches ménagères, ce qui fait que ma vie est entièrement consacrée au travail, sans aucun loisir. Le tout pour une retraite que je n'aurai jamais faute d'avoir suffisamment cotisé. Quand je vois que, de son côté, mon ex ne s'occupe que de sa carrière, a un très confortable salaire et bénéficiera d'une très bonne retraite, je suis écoeurée. Mais je trouve par-dessus tout qu'il y a une injustice à considérer que les femmes n'auront que des ressources fiscalement et pas de charges. En effet, si on supprime la demi-part supplémentaire pour les femmes isolées, tout en permettant aux hommes de déclarer la pension alimentaire à titre de charge, cela signifie que les hommes ont le droit de déduire ce qu'ils paient pour leurs enfants alors que les femmes ne dépensent rien pour eux. Si cette demi-part est supprimée, pourquoi devrions-nous continuer à déclarer la pension alimentaire comme une "ressource" ? 

. Bonne fête des merdes - Marion

C'est drôle, la journée du 8 mars (journée de la femme) était celle d'Ingrid Bétancourt. Et La fête des mères est devenue la journée des enfants disparus. C'est vrai qu'avec les dernières mesures prises, en ce moment, on leur fait leur fête quasiment tous les jours aux femmes. En leur faisant bien comprendre que leur rôle est de torcher la marmaille et satisfaire un bonhomme. Pour contester toutes les mesures anti-femmes, je pense que l'on devrait faire une montagne, devant les édifices publics, des cadeaux rapportés des écoles par nos enfants (colliers de nouilles et compagnie) avec la pancarte "bonne fête des merdes" dessus. 

. Reformatage des cerveaux - Pat

Dans un récent journal télévisée, 10 minutes d'infos ont été consacrées au cas d'un homme âgé qui vivait sous les coups d'une compagne de 20 ans sa cadette, laquelle aurait provoqué sa mort. Un "homme battu". Ce cas est marginal par rapport au nombre de femmes qui meurent quotidiennement sous les coups de leur compagnon. Si on accordait autant d'importance dans le JT aux femmes victimes de violences que l'on en accorde aux rares hommes victimes eux aussi, le JT ne serait constitué que de ce type d'infos. Vous oubliez de dire que les femmes sont aussi en première ligne du "reformatage des cerveaux" qui consiste peu à peu à banaliser la violence faite aux femmes. Si les hommes eux aussi en sont victimes, finalement, ce n'est pas si grave non ? 

. Elections - Amel

On s'étonne qu'il y ait eu une forte abstention aux élections municipales. Mais qui dans cette campagne s'est adressé aux femmes seules sans emploi ou avec des emplois précaires, tout comme aux handicapés, aux chômeurs ou aux Rmistes ? Ces catégories sociales n'ont-elles pas, elles aussi, des difficultés à boucler les fins de mois ? Ne souffrent-elles pas, elles aussi, de la baisse du pouvoir d'achat qui rend leur précarité encore plus difficile à vivre? N'ont-elles pas, elles aussi, des problèmes à remplir leur caddie ou à payer les factures d'énergie qui ne cessent de s'alourdir ? Entre les uns focalisés sur les salariés et les autres focalisés sur les retraités (au motif que ce sont les retraités qui font les élections) combien de millions de personnes sont passées à la trappe... et n'avaient aucune envie de voter. Ceux qui veulent rameuter des gens dans les urnes feraient bien de réfléchir à ceux à qui ils s'adressent car ce sont là au moins 5 à 10 millions d'exclus que l'on a oublié. 

. Journée de la femme - Zoé

Je regrette que la "journée de la femme" du 8 mars ait été la journée d'Ingrid Bétancourt. Même si j'ai de l'admiration et de la compassion pour les souffrances de cette femme, pourquoi faut-il toujours que la journée consacrée à TOUTES les femmes soit détournée pour une cause en particulier, aussi noble soit-elle. Décidément, cette "journée de la femme dérange.

. Solidarité entre femmes - Nina

Je suis écoeurée de m'apercevoir que la solidarité entre les femmes est inexistante. Nombreuses sont les femmes, persuadées qu'elles ne sont rien sans leur époux, concubin ou petit ami, à finir par penser et agir totalement dans le sens des hommes, au détriment de leurs propres intérêts. Mon mari et moi sommes divorcés. Il a pris un rv avec la professeur principale pour ma fille. Quand j'ai voulu prendre un rv, cette professeur m'a répondu que ce n'était pas nécesaire car elle avait déjà parlé "à mon mari". Soit elle n'était pas au courant du dossier et notamment du fait fait que nous étions divorcés, ce qui est grave, soit elle estimait que d'avoir parlé "à l'homme" (chef de famille) était suffisant, même si l'homme en question ne suit pas au quotidien le cursus scolaire de l'enfant car il n'en a pas la garde. J'ai été bouleversée par cette attitude, d'autant qu'elle provenait d'une femme. Au niveau social, on reste bien, et toujours, dans le schéma "putain-maquereau" : une femme ne peut vivre hors du contrôle de l'homme, ne peut agir sans son aval. Le pire c'est que certaines femmes sont conditionnées de mères en filles pour rester éternellement des putains à la solde de maquereaux, et ça marche !!! Sinon comment expliquer l'élection d'un homme face à une femme alors que l'électorat féminin est majoritaire. Aux USA, Hilary a une chance d'être élue... parce que derrière, il y a Bill...

. L'éducation des enfants - Julie

Je voudrais témoigner de ce qu'il en est de l'éducation des enfants dans une séparation. On dit qu'il faut les préserver, mais tout est fait pour qu'ils trinquent au maximum. L'attribution de la garde de l'enfant à l'un des parent devrait l'être pour une période minimum définie. Dans le cas contraire, c'est une guerre entre les parents dont les enfants sont les premières victimes. Mon fils aîné, adolescent, est l'une de ces victimes. Mon ex-mari n'a pas eu la garde des enfants. Il en avait besoin pour réduire ses impôts et, parce qu'il ne pouvait supporter que j'ai une pension alimentaire, il passait son temps à gâter notre fils en espérant que celui-ci demanderait au juge d'être sous sa garde. De mon côté, je devais le (notre fils) "caresser dans le sens du poil", c'est-à-dire faire abstraction de toute la partie autorité, lui éviter tout ce qui pouvait être contraignant. Résultat : notre fils a "surfé sur la vague" et profitant du conflit, s'est aménagé un espace d'enfant-roi de qui il ne fallait rien exiger, sous peine de "chantage au juge", et à qui tout était permis : ne jamais donner un seul coup de main au foyer, passer des heures derrière un ordinateur, s'allonger avec des chaussures pleines de boue sur son lit, insulter son frère ou sa mère. Tant qu'il y aura une grande disproportion entre les ressources de l'homme et de la femme, tant qu'il n'y aura pas de garde-fous qui définissent une durée minimum dans l'attribution de la garde des enfants, le sort des enfants de parents séparés ou divorcés sera un véritable désastre, nen déplaise aux faiseurs de moral qui sont là pour donner leurs bons conseils. Mon ex-mari, qui a vu ce que notre fils est devenu, ne souhaite plus du tout en avoir la garde car il n'a plus aucune prise sur lui...

. Changer le statut - Lamina

Plutôt que d'encourager les femmes victimes à quitter leur mari, et uniquement cela, au risque de les jeter dans des situations horribles, ne peut-on mettre en place un statut des "femmes seules" qui leur permettrait d'affronter un peu plus sereinement tout ce à quoi elle se retrouvent confrontées ? J'ai vécu moi-même cette situation et je me suis retrouvée à l'hôpital après avoir avalé une bonne dose de cachets car je n'arrivais plus à faire face aux procès, à la recherche d'un emploi, au quotidien avec mes deux filles, aux harcèlements du père. Je me sentais épuisée. Si les femmes avaient au moins la sérénité financière le temps de se relever vraiment. A quand de véritables mesures pour les femmes victimes de violences ? 

. Silence convenu - Sylvia

Il est difficile pour une femme victime de violences d'être entendue dans certains milieux sociaux. Outre le silence convenu imposé à ces femmes par un entourage qui "ne veut rien entendre", elles se retrouvent très souvent en face d'interlocuteurs qui ne sont ni plus ni moins que des collègues de leur conjoint bourreau exerçant dans les métiers de la magistrature, du médical ou du para-médical. Pour témoignage celui d'une amie qui, suite à une séparation avec son ex pour coups, était dans l'impossibilité de trouver à 50 kms à la ronde un psy qui n'aurait pas travaillé avec lui. 

. Lamentable - Agnès

Je viens de regarder l'émission de Delarue sur les violences conjugales dans les milieux bourgeois (11/12/07). Triste conclusion : les maris coupables ont été condamnés à de la prison avec sursis, leurs ex-épouses se retrouvent au RMI pour certaines et pour d'autres privées de leurs enfants. L'un des maris coupable, un médecin de renom, continue à exercer malgré la peine de prison avec sursis à laquelle il a été condamné. Un autre femme dont le mari est avocat, doit accepter un "divorce à l'amiable" et taire tout ce qu'elle a subi au risque d'affronter des années de procédure. Tout ceci est vraiment lamentable et on peut se demander, effectivement, pourquoi on incite les femmes à déposer plainte vu ce qu'elles ont à perdre. A noter, les participantes à l'émission ont mis en avant la violence psychologique qui tue de manière invisible.

. "Hypocrisie" - Lune

Après la "journée de la femme" voilà la "journée de la femme battue". Quand cessera t-on ces démonstrations d'hypocrisie. Quant à l'égalité salariale, on se tient les côtes... peut-être en 3012. La loi existe déjà, mais elle n'est pas appliquée. Un employeur qui, pour un même poste, a le choix entre un homme et une femme, préférera un homme. Moins de risques d'enfantement puis d'absentéisme pour cause de progéniture. Mais si les femmes sont pénalisées durant leur vie professionnelle ou à la retraite parce qu'elles enfantent, pourquoi ne pas compenser cette inégalité par une cotisation spécifique sur les cotisations salariales versées par les hommes et qui serait reversée aux femmes sous forme d'allocation compensatoire. 

. "Pub femmes battues" - Zab

C'est reparti pour une nouvelle campagne pub "femmes battues". On ne pourrait pas reverser ce gaspillage d'argent aux femmes qui se retrouvent dans des situations désastreuses après des violences conjugales ? 

. "Femme battue" - Laura

A quand la mise en pratique de votre idée de créer des structures "femmes seules" plutôt que "femmes battues"? Dans les pires moments que jai partagés avec mon compagnon, j'ai essayé une fois de mettre les pieds dans un centre pour "femmes battues". Et je me suis vite sauvée quand j'ai compris que la plupart des intervenants qui travaillent dans ses structures sont "formés" et "payés pour", mais n'ont jamais vécu eux-mêmes ce genre de situation. Face à eux, on a l'impression d'être "une pauvre fille", une "idiote", quelqu'un qui n'a plus de personnalité et qu'il faut "assister". Aux yeux des gens, une femme cataloguée "femme battue" n'a plus droit à la dignité ou au respect comme si c'était sa faute si elle était maltraitée ou salie, comme si, en dehors de son drame conjugal, elle était incapable d'être normale, de penser, de réfléchir. Les gens ne peuvent pas imaginer à quel point c'est difficile d'être montrée du doigt et déshabillée sur la place publique en tant que "femme battue". 

. Honteux - Seule

Je voudrais témoigner d'un épisode honteux qui m'est arrivé après mon divorce. Mon ex-mari a conduit mon fils cadet aux urgences un jour qu'il l'avait pendant son droit de visite. Il a laissé mon fils conduire son scooter avec lequel il venait d'avoir un accident et l'a suivi en voiture avec un copain. Une fois aux urgences, il a laissé mon fils et est reparti avec son copain. Comme ça se passait à l'hopital où je travaille, j'ai été convoquée par le médecin de service (un homme) pendant mon poste. Il avait les deux pieds sur la table et m'a fait une belle leçon de morale, me reprochant de laisser mon fils seul aux urgences. Je lui ai répondu qu'il était sous la responsabilité de son père ce jour là et qu'il fallait s'en prendre à lui plutôt qu'à moi. Cette fois, j'ai eu droit à tout un discours sur "les femmes divorcées qui ne savent pas s'occuper de leur gosse" et que c'était "honteux de laisser la garde des enfants aux bonnes femmes divorcées". A ses yeux j'étais pire qu'une prostituée. Dommage qu'il n'y ait rien pour sanctionner ce genre de comportement et ce genre d'homme. 

. "Une bonne mère" - Jeannie

Mon ex-mari a une excellente position sociale. Nous nous sommes séparés car la vie était intenable. Je subissais des humiliations de toutes sortes. Une fois par semaine, il distribuait l'argent de poche aux enfants et devant eux, il faisait un troisième tas qui était le mien du même montant qu'eux. ll voulait leur signifier ainsi que j'étais à sa charge, au même titre qu'eux. Aujourd'hui, nous sommes séparés, et si je vis le bonheur d'être "libre" et autonome, je vis dans l'horreur d'un quotidien où il me fait payer cher la séparation. Il surveille mes moindres faits et gestes prenant prétexte de la "bonne éducation" des enfants. J'ai des journées qui n'en finissent plus. Quand j'ai terminé mon travail, je dois m'occuper des devoirs des enfants, des tâches ménagères, des corvées administratives et de tout le reste. Mais le pire, c'est de me demander si mon ex-mari va téléphoner, en prétextant n'importe quelle excuse, pour me faire des menaces au cas où je ne serai pas "une bonne mère".

. Un vrai bourreau - Felice

Je ne me reconnais pas du tout dans ce qui s'est passé à Vilnius entre ces deux vedettes. J'ai vécu avec un bourreau, un vrai, et je peux témoigner de ce qu'est la vie d'une femme victime de violences tous les jours. Malheureusement je n'ai pas le privilège d'avoir toutes les télés à mes pieds pour parler de l'homme qui m'a fait souffrir.

. Galère - Noémie

Vous avez raison de dire que la situation des femmes seules avec des enfants à charge est difficile. Quand nous vivions ensemble avec mon ex-compagnon, je n'ai jamais travaillé car il me l'avait demandé, pour que je sois disponible pour les enfants. A notre séparation j'ai dû faire des petits boulots pour joindre les deux bouts. Ma situation professionnelle n'est pas stable si bien que d'un mois à l'autre, je ne sais jamais avec quoi je vais vivre. Dans les aides sociales, il faut décompter la pension alimentaire, très faible, que verse mon ex-compagnon et au bout du compte je n'ai pas grand chose. Je suis confrontée à une situation difficile car d'un côté lui exige que je lui rende des comptes sur la pension alimentaire qu'il verse et de l'autre on estime que vu qu'il verse une pension alimentaire je n'ai pas droit à certaines aides. Je préférerais avoir un travail stable plutot que de vivre des aides sociales car aller pleurnicher dans une mairie ou ailleurs me donne envie de vomir. Par moment je préférerais finir entre quatre planches.

. Pension alimentaire - Jean Paul

Je verse une pension alimentaire assez lourde à mon ex-compagne avec qui on a vécu plus de vingt ans et qui n'a jamais travaillé. Elle a du mal à trouver un emploi en raison de son âge et de son incompétence. Apparemment elle utilise cet argent ailleurs que pour nos enfants étant donné qu'elle n'a pas d'autres ressources. Est-ce normal? Pourquoi ne peut-on pas obliger une femme à justifier qu'elle utilise bien l'argent versé uniquement pour les besoins des enfants? 

. A propos de banques - Hélène

Vous avez raison de dire qu'au niveau des banques et des assurances, les décisions sont orientées en fonction du sexe de celui qu'on a en face de nous. Au moment de notre rupture la banque semblait défendre les intérêts de mon mari, puis elle a continué au niveau des comptes des enfants. On m'a dit qu'il fallait attendre la décision du juge concernant la garde pour que je puisse avoir accès aux comptes (mon mari estimait que c'était "son" argent, comme tout le reste qui n'appartenait qu'à lui). Quand j'ai eu la garde des enfants, on a prétexté des impossibilités techniques pour m'interdire de consulter leur compte sur internet (seul mon mari y avait accès) et il me fallait l'accord de mon mari pour un retrait. Je précise que nous avons l'autorité parentale partagée, qu'il n'y a aucune aucune décision du juge défavorable pour moi allant en ce sens et que nous devrions avoir les mêmes droits au niveau de la consultation des comptes ou des retraits. Seule explication en dehors du fait que les revenus de mon mari comparés aux miens font de lui plutôt un "bon client" : le conseiller en charge des comptes est un homme et le directeur également. 

. Les hommes violents n'existent plus - MC

C'est vrai que depuis ce dram(de Vilnius) on ne peut pas dire que la situation des femmes a beaucoup évolué, du moins positivement. Au bilan, les femmes ont effectivement gagné un "os à ronger" et un seul visage à mettre sur toutes les violences masculines. Et de leur côté, les hommes sont tous devenus des saints. Il ne se passe quasiment plus un jour sans que l'on entende parler des pauvres papas malheureux parce qu'ils n'ont pas eu la garde de leur enfant. Ils arrivent à obtenir en quelques semaines par des lois ce que les femmes ont mis des siècles à tout juste obtenir... et même à ne jamais obtenir. Et pour nous convaincre, on nous montre des méchantes mamans qui tuent leurs enfants, des méchantes mamans "psychologiquement atteintes" à qui on confie la garde des enfants et contre lesquels les gentils papas ne peuvent rien. Même les magazines féminins s'y mettent où des soi-disant psy donnent de bons conseils aux femmes divorcées ou séparées pour qu'elles n'altèrent pas la bonne santé mentale des petits séparés de leurs gentils papas dont les ex sont visiblement des harpies. Les hommes violents ? Vous voulez rire, ça n'existe plus !!!

. Allocations familiales - Alain

Ne trouvez-vous pas normal de partager les allocations familiales dans le cadre d'une garde partagée?

Re : Les allocations familiales sont versées sans conditions de ressources. Les salaires des femmes sont très nettement inférieurs à ceux des hommes, voire même inexistants. Quel est l'intérêt de diminuer les faibles ressources de l'un en augmentant les confortables ressources de l'autre, sinon d'affaiblir un peu plus, économiquement, celui qui perçoit peu. Sur un autre plan on imagine la lourde menace économique que fait peser un homme violent sur sa compagne démunie. Il appartiendra à la justice d'être particulièrement attentive à ce que ses décisions ne soient pas un vecteur d'amplification des violences psychologiques et économiques, en sachant discerner les motifs réels d'une demande de garde partagée formulée par un père. 

. L'équilibre des enfants - Marjorie

L'ex-conjoint de ma soeur l'accuse de "monter les enfants" contre lui et veut faire valoir auprès du juge une attitude regrettable et dommageable pour leur équilibre. Pour ma part, je considère que l'attitude qui consiste à demander aux femmes de subir et se taire, exonérant ainsi les pères de toutes responsabilités, est toute aussi regrettable et dommageable pour l'équilibre des enfants. Les enfants voient leur mère au quotidien dans les difficultés matérielles. Faute d'explication elle est seule responsable de ces difficultés. Quand un homme au salaire très correct quitte une femme démunie, dans sa situation, elle ne peut prétendre à une aide qu'un mois plus tard. Les enfants sont confrontés à un changement radical de situation avec, devant eux, une assiette vide ou bien peu garnie. Quelle attitude doit adopter leur mère ? Taire ses rancoeurs vis-à-vis de son compagnon qui l'a délibérément mise dans cette situation pour démontrer qu'elle n'est pas en mesure d'assumer leur charge ? Se culpabiliser en silence et faire ainsi le jeu de son ex-compagnon ? Sans doute serait-il plus sain d'éviter avant tout que les femmes se retrouvent dans des situations dramatiques, plutôt que d'exiger d'elles uniquement le silence ou la culpabilité. Et comment peut-on exiger d'une mère qu'elle donne à ses enfants l'image lissée d'un père qui, au quotidien, la fait souffrir par tous les moyens à sa disposition. La plupart du temps, lorsqu'une femme "monte les enfants" contre son ex-conjoint, c'est parce que celui-ci a des raisons d'être dans le colimateur, et probablement devrait-il, de son côté, avoir une attitude qui apaiserait au lieu d'amplifier les conflits.